INRA : alerte souffrance au travail - niveau 2

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Formuler les MAUX en mots,
Revoir les nouvelles organisations du travail.
Si une alerte a vocation à être renouvelée, celle de ce jour monte d’un cran, vu l’absence de réponse et l’aggravation de la situation sur le terrain.

En décembre dernier, nous avions adressé dans toutes les instances nationales de l’INRA - tant en CTP qu’en CAPN et CCHS, un premier message d’alerte à la Direction Générale sur le développement des situations de souffrance au travail au sein de l’Institut. Sans réponse, nous sommes passés au niveau d’alerte 2, lors du Comité Technique Paritaire du 4 février. Notre intervention, reprise ci-dessous, comprend de nouvelles propositions pour répondre à la situation et s’attaquer à l’origine de la dégradation actuelle.

VERSION ILLUSTREE et complétée de l’alerte 1 de Dec en Piece jointe

« Si une alerte a vocation à être renouvelée, celle de ce jour monte d’un cran, vu l’absence de réponse et l’aggravation de la situation sur le terrain :

Nous demandons que les arrêts de travail relevant de ces situations de souffrance soient pris en compte en tant qu’accident du travail. Les collègues n’ont pas - en plus - à en supporter les conséquences financières, parfois lourdes, qui en découlent. A l’échelon de l’INRA, ce sera aussi l’occasion de mener collectivement les analyses prévention qui s’imposent alors, suivant la note de service dite « ASAI » (NS 98-37, en cours d’actualisation). Ces études devraient permettre, non seulement, de mieux cerner les causes objectives, afin d’y remédier au cas par cas, mais aussi d’avoir une meilleure connaissance des contextes à risque dans ce domaine à l’INRA.

Nous appelons l’ensemble du personnel à faire état de ces situations lorsqu’il en a connaissance. L’expérience montre que la personne concernée, déjà fragilisée, n’est parfois plus en capacité de demander secours. Outre l’information des acteurs appropriés, nous incitons à consigner l’alerte dans les cahiers sécurité qui existent (ou devraient exister) réglementairement dans toutes les unités.

Enfin, l’interpellation collective de la hiérarchie, souvent de plus en plus éloignée de la réalité vécue sur le terrain, permet de dépasser le ressenti individuel destructeur et de se redonner confiance. Au-delà du « registre sécurité » réglementaire, des « lettres ouvertes », l’ouverture de « cahiers de doléance » sont autant de supports qui permettent de réagir. Formuler ces maux en mots, en laisser une trace écrite… c’est indispensable.

Au-delà de ces requêtes, nécessaires sur le court-terme, nous rappelons également à la direction que pour nous la vraie réponse se situe dans la remise en cause des nouvelles formes d’organisation du travail : flux tendu à tous les étages, mise en concurrence généralisée des individus et des équipes, stratégie de restructuration permanente…

Et sur ces questions de fond, notre inquiétude augmente encore avec la mise en place des Très Grandes Unités,
● où l’agent, l’équipe de travail, se trouvent de plus en plus éloignés des centres de décisions, ne trouvent pas l’interlocuteur pour parler de l’organisation du travail, dans des mastodontes technocratiques déshumanisés.
● où la finalité de son activité n’est plus visible, avec la perte de sens de son travail et le risque fort d’une démotivation.
● où aucune tutelle (département, centre, Direction générale) n’assume d’être le donneur d’ordre.

Sur cet aspect vous avez tenté de nous rassurer l’an dernier en indiquant que le nombre de TGU demeurerait restreint : il suffit effectivement de 20 concernant chacune 300 agents pour que l’essentiel du personnel des labos et unités expérimentales soit concerné.
Et, là encore, ce ne sont pas les coachings d’accompagnement au changement, nouveau « bizness » particulièrement rentables… pour ceux qui les proposent, qui nous rassurent !

Pendant ce temps le personnel travaillant sur les fonctions dites « support » est confronté à la mise en place de la « RGPP » Révision Générale des Politiques Publiques à l’INRA, avec comme principes directeurs : rationalisation, mutualisation, externalisation… au bout du compte, encore plus de distance entre les acteurs, encore plus de précarité…
Comme toujours, les personnels et leurs représentants seront les derniers informés, alors que l’INRA est le premier EPST à se faire auditer, plus trivialement à « passer à la casserole », selon la lettre de mission du premier ministre daté du 22 octobre dernier.

Soyez rassurés, nous ne sombrons pas pour autant dans la sinistrose…
OUI, nous revendiquons encore le droit d’être heureux au travail et c’est souvent lorsque les difficultés s’accumulent que se retissent les liens de solidarité. Un défi que nous avons à relever, avec les autres syndicats, avec l’ensemble du personnel. Les refuzniks de la PES l’an dernier ont permis de souligner que l’esprit de résistance demeurait fort… »