Stopper la marchandisation de l’Enseignement Supérieur & de la Recherche publique (ESR) - contribution commune aux 3 syndicats SUD du secteur

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Contribution commune à SUD-Recherche EPST, SUD-Education et SUD-Etudiant sur l’avenir de l’ESR... dans un contexte très dégradé : après les années Sarkozy, un projet de budget d’austérité pour 2013 et un processus d’"Assises" qui n’annonce rien de bon !

Ce "4 pages", en pièce jointe, débute par une analyse commune sur cette situation dégradée et les changements incontournables nécessaires, puis chaque syndicat développe les priorités sur son secteur

Ci-dessous, la partie commune aux 3 SUDs et le canevas des pages réalisées par chaque syndicat.

S’agissant de l’analyse de SUD-RE, lire aussi nos positions plus étoffées dans l’article paru fin octobre : un changement de cap radical s’impose.

La UNE commune aux 3 organisations

Le contexte de ces Assises :

Une situation très dégradée :

Dans le cadre de la stratégie de Lisbonne (promotion d’une « économie de la connaissance ») et de la révision générale des politiques publiques (RGPP) réunies, les réformes dans l’enseignement et la recherche (ESR) se sont succédées et ont eu un impact désastreux.
Les conséquences : le service public de l’ESR à genoux : des universités en faillite, qui ferment des filières pour clore leur budget ; des EPST qui doivent choisir entre préserver les crédits des labos ou pourvoir les postes de titulaires vacants ; une précarité qui a explosé (30 % des emplois en permanence) ; un millefeuille de structures - toutes plus anti-démocratiques les unes que les autres - en perpétuelle évolution ; le règne de la compétition…

Un projet de budget d’austérité pour 2013

Un nouveau tour de vis dans les budgets des services publics se prépare, y compris pour l’ESR ; budget en trompe-œil, avec les mêmes artifices que les années précédentes ; aucune création de postes permettant de titulariser les précaires correspondants à des emplois permanents… Mais le Crédit Impot Recherche (CIR) sera préservé et même élargi …

Le processus des Assises se résume à une opération de comm’ gouvernementale :

Elles occultent les questions essentielles ; leur calendrier est intenable ; la consultation des personnels est réduite à la portion congrue et passe à travers le filtre de la hiérarchie ou se retrouve noyée dans une multitude de discours de groupes de pression et de représentants de « l’excellence » ; la place donnée à l’échelon territorial est un nouveau pas vers la régionalisation de l’ESR.

Des changements incontournables

Quelques revendications qui nous paraissent incontournables pour l’avenir du service public d’ESR :

• Un véritable plan de titularisation de tous les précaires, instaurant un DROIT EFFECTIF à titularisation sur leur emploi sans concours ; ceci suppose la création d’autant de postes de titulaires qu’il y a de précaires à titulariser… (on est loin de la loi Sauvadet !)

• Suppression de l’ANR qui est le plus grand créateur d’emplois précaires à l’heure actuelle et redistribution de ses moyens dans les Établissements.

• Fin de la gabegie du crédit impôt recherche (CIR), utilisation de l’argent public pour financer des recherches d’intérêt public, et en premier lieu le service public de l’ESR !

• Suppression de l’AERES et refus de la politique d’allocation des moyens à la « performance », qui ne fait que renforcer ce qui marche et enfoncer ce qui va moins bien.

• Abrogation du Pacte pour la Recherche, de la LRU et de la loi Sauvadet, pour repartir sur de bonnes bases.

• Arrêt de la dérive vers la régionalisation de l’ESR, remise en cause des politiques d’EX (Idex, labex …) et du pouvoir accru des PRES. Une pseudo « Excellence » qui génère surtout de l’Exclusion…

• Restauration des EPST dans toutes leurs missions et fonctions : capacité de financer, de mettre en œuvre une politique nationale d’organisme adaptée à la vocation de chacun.

• Suppression de la PES et de la PIC et de toute modulation des rémunérations selon les fonctions ou la performance individuelle, ce sont les salaires et les carrières de tous qu’il faut améliorer substantiellement.

• Stop la pression au travail : contre les politiques managériales, l’obsession du résultat chiffré et des indicateurs, qui tendent à nous priver du sens même de notre travail et de nos missions de service public.

• Un accueil assuré sans tracasseries pour les étudiant/es et les personnels d’enseignement et de recherche des autres pays.

canevas de la page / par secteur

SUD-Recherche EPST : Pour une recherche publique respectueuse de tous ses personnels, au service de l’ESR

Il n’y a pas une, mais DES recherches au service du public

L’opposition entre recherches à visée marchande et recherches au service du public sans médiation marchande, est plus pertinente que celle entre recherche « fondamentale » et « appliquée ». Les EPST ont été créés pour remplir des missions qui diffèrent d’un EPST à l’autre et qui sont différentes de celles des Universités.

Des EPST durables pour le service public de recherche !
La recherche publique doit se faire avec une pérennité et une indépendance par rapport aux intérêts privés et aux pressions que seuls l’emploi statutaire et le financement sur crédits récurrents de l’État peuvent garantir.
Les crédits publics pour la recherche publique !

Nous nous opposons au mythe d’une prétendue « excellence » qui ne sert que de prétexte à une véritable politique d’Exclusion. Nous souhaitons travailler dans un cadre non de compétition, mais de coopération où l’efficacité collective est bien plus que la somme des efficacités individuelles…

Des droits égaux pour tous les personnels, dans le cadre du statut de fonctionnaire !
L’indépendance et la neutralité du service public, l’autonomie de la démarche scientifique de ses personnels, sont incompatibles avec la précarité de l’emploi et les systèmes de primes et d’intéressement
Nous réclamons donc un plan pluriannuel de créations d’emplois de titulaires, basé sur une analyse des besoins

Relations sciences et société… Je t’aime moi non plus ?
L’actualité récente (dossiers Mediator, OGM, pour ne citer qu’eux) montre que la garantie d’une recherche et d’une expertise publiques indépendantes est indispensable, afin de renouer une relation de confiance entre les citoyens et la recherche publique.

D‘autre part, en tant que citoyens, travailleurs de la recherche, nous défendons un statut des lanceurs d’alerte et la création d’une clause de conscience pour la sauvegarde d’un intérêt général.

SUD Education : Pour un service public d’enseignement supérieur et de recherche, ouvert à tous & avec des personnels titulaires

Le syndicat ne participe pas en tant qu’organisation syndicale aux Assises Territoriales de l’ESR. La politique souhaitée et choisie transparaît déjà dans les thèmes choisis pour ces "Assises" : la recherche et l’enseignement au service des applications marchandes, l’organisation par « territoire ».

SUD éducation a toujours lutté contre les PRES, IDEX, LABEX, etc... Et contre ces délires de pseudo-"excellence",

SUD éducation appelle les personnels à se mobiliser pour forcer ce gouvernement à :

● Titulariser tous les personnels précaires travaillant sur poste pérenne, créer des emplois titulaires,

● Abroger la loi LRU et le Pacte pour la Recherche

● Défaire le LMD

● Promouvoir une université pour tous

Des mesures immédiates doivent être prises :

● Abroger le décret du 23 avril 2009 modifiant le statut des enseignants-chercheurs et le décret n° 2010-888 et sa réforme de janvier 2012 relatifs aux conditions générales de l’appréciation de la valeur professionnelle

● Dissoudre l’AERES composée d’"experts" auto-proclamés,

● Démanteler l’ANR

● Annuler les conventions d’IDEX déjà signées,

● Reverser à la recherche publique la niche fiscale du Crédit Impôt Recherche

● Revenir sur la réforme de la formation des enseignants, dite « mastérisation

● Baisser les temps de service de tous les enseignants

SUD Etudiant : Pour une autre université, pour une autre société :
Mettre fin à la précarité étudiante

L’ESR sort d’un quinquennat qui lui a été particulièrement rude : accroissement de la précarité étudiante, privatisations partielles, filières supprimées, facs en déficit budgétaire chronique...
Plus de 20 % des universités seront dans le rouge à la fin 2012,

Que dire de ces Assises dont les étudiants ne sont ni au courant ni conviés ?
Il nous semble important de refuser en bloc cette opération de communication menée par le gouvernement sachant que le ministère a déjà choisi sa ligne politique

Face à ce fonctionnement arbitraire, sectaire et à la va-vite, nous voulons que les décisions soient prises par les premiers concerné-es des réformes : les étudiant-es, les professeur-es, le personnel

Face à l’urgence sociale, des solutions existent. SUD Étudiant la Fédération Syndicale Étudiante exigent :

● La gratuité totale de l’enseignement supérieur

● Le retour à un financement paritaire du ticket RU par l’État ;

● L’extension de la CMU complémentaire à tous

● Un plan massif de construction et de réhabilitation de logements étudiants
publics

● L’augmentation en nombre et en montant des bourses sur critères sociaux