INRA : vers des laboratoires Public/Privé - la loi ESR en vote à l’Assemblée nationale ce 28 mai - Election au conseil d’Administration

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Dans ce message adressé aux agents INRA ce lundi 27 mai, zoom sur un programme de l’ANR destiné à soutenir des laboratoires communs Public/privé, étape supplémentaire dans la mise sous tutelle de la recherche publique par le secteur privé...

Et retour sur l’actualité de la mobilisation contre l’inacceptable loi "Fioraso" pour l’ESR.

Enfin, rappel du scrutin en cours à l’INRA pour l’élection au Conseil d’Administration

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Le programme ANR LabCom, une étape de plus dans la mise sous tutelle de la recherche publique par le secteur privé.

De plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer le projet de loi sur l’Enseignement Supérieur et la Recherche soumis au parlement par la ministre de la Recherche, G. Fioraso. En effet, il ne remet fondamentalement rien en cause des réformes mises en place par le gouvernement précédent, et en aggrave même certains aspects – prévoyant notamment de modifier le Code de la recherche publique pour assigner à celle-ci l’objectif supplémentaire de « transfert des résultats de la recherche vers le monde socio-économique ».

Dans ce contexte, l’ANR vient de lancer un nouveau programme de recherche ouvert « au fil de l’eau » destiné à soutenir la création de Laboratoires Communs (LabCom) entre organismes de recherche publics, PME (petites et moyennes entreprises, moins de 250 salariés) et ETI (entreprises de taille intermédiaire, moins de 5000 salariés).

Le but de ce programme est de « favoriser le transfert des résultats ou du savoir-faire de la recherche publique vers les PME/ETI ». Le contrat bilatéral qui sera signé entre le laboratoire et l’entreprise permettra de définir « une gouvernance commune, …, une stratégie visant à assurer la valorisation par l’entreprise du travail partenarial ». Comme il est précisé également, « d’un point de vue plus global, l’objectif du programme est de permettre à toutes les composantes du monde de la recherche publique de se tourner vers les PME et les ETI ».

Depuis sa création, l’ANR a progressivement imposé le resserrement des liens entre les laboratoires publics de recherche et le monde des entreprises. C’est ainsi que dans un premier temps, il était recommandé d’associer des partenaires du secteur privé dans nos projets avant que dans un deuxième temps, cela soit exigé pour certains programmes, puis que dans un troisième temps, l’ANR demande à ce que la coordination de certains projets soit assurée par un partenaire privé. Les Investissements d’Avenir ont également fortement soutenu la création de structures mixtes public-privé de recherche et développement. Toutes ces initiatives se sont mises en place dans un contexte de forte diminution des crédits alloués à la recherche, en particulier des crédits récurrents des laboratoires. La création de tels programmes ne peut donc qu’affaiblir encore plus les équipes de recherche qui ne voudront pas ou ne pourront pas nouer des liens avec des partenaires privés.

A travers sa loi ESR et ce nouveau programme ANR, le gouvernement actuel montre donc clairement que l’avenir qu’il envisage pour la recherche publique est de la mettre toujours plus au service du privé, dans la continuité des réformes mises en place par la droite, ce qui aura des conséquences sur l’orientation des recherches, sur l’emploi et sur l’expertise. Alors que de nombreuses entreprises ont déjà réduit ou fermé leurs laboratoires de recherche, ce programme ne fera qu’amplifier ce phénomène. Dans le même temps, le nombre de postes offerts dans la recherche publique ne cesse de diminuer. La précarité a donc de beaux jours devant elle avec de telles orientations !

Par ailleurs, les scandales récents dans les industries agroalimentaires et pharmaceutiques ont montré combien il était indispensable à notre société de pouvoir disposer d’une expertise indépendante et d’éviter la multiplication des situations de conflits d’intérêts observés ces dernières années. Comme il est très probable que, pour les sciences de la vie, de nombreux laboratoires mixtes seront créés dans les secteurs de l’agroalimentaire et de la pharmacie, il est permis d’avoir les plus vives inquiétudes quant à l’indépendance de nos experts dans les années futures.

Notre syndicat demande donc à la Direction de l’INRA de ne pas soutenir la création de ces laboratoires mixtes Public-Privé et il se battra dans toutes les instances contre la création de telles structures.

Contre le projet de loi ESR inacceptable, mobilisation ce mardi 28 Mai, jour du vote à l’Assemblée nationale

Nous relayons l’appel unitaire (CGT-FO-FSU-SOLIDAIRES, SLR, SLU, Comités de Précaires) à « Poursuivre l’action, notamment le Mardi 28 Mai », avec initiatives diverses en régions et appel à rassemblement (à partir de 16H, à l’Assemblée Nationale) au moment du vote des député/es.

Exprimons aussi que :

« Destructuré/es précarisé/es, pressurisé/es : CELA SUFFIT ! Pour une recherche publique forte et indépendante »

Et votons SUD à l’élection en cours au Conseil d’Administration de l’INRA

Lundi 27 mai 2013

Pour contacter la branche INRA de Sud-Recherche-EPST : contactinra@sud-recherche.org

Et pour le suivi régulier de l’activité syndicale :

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