Soutien à Pınar Selek !

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Motion de l’Assemblée Générale du syndicat ce 31 janvier 2014 en soutien à la sociologue Turque, actuellement réfugiée à Strasbourg. Elle est persécutée depuis une quinzaine d’années par le gouvernement turc, un cauchemar qui a commencé lorsqu’elle a mené des recherches sur la question kurde...

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Soutien à Pınar Selek !

L’assemblée générale des adhérent/es du syndicat Sud Recherche EPST condamne la persécution dont est victime notre collègue Pınar Selek, sociologue turque, actuellement réfugiée à Strasbourg.

Trois fois acquittée suite à une accusation infondée de terrorisme, sachant que le prétendu attentat visant le marché aux épices d’Istanbul en 1998 a ensuite été reconnu comme accidentel par toutes les expertises, elle se retrouve pourtant à nouveau condamnée à la prison à vie depuis janvier 2013. Le gouvernement de la Turquie demande actuellement son extradition.

Son cauchemar dure donc depuis une quinzaine d’années. Il a commencé lorsqu’elle a mené, à partir de 1997, des recherches sur la question kurde afin de comprendre ce qui faisait à l’époque obstacle à un accord de paix. Elle a refusé de livrer à la police le nom des personnes qu’elle avait interviewées au sein de la communauté kurde, ce qui a été à l’origine de sa première arrestation.

Un/e travailleur/e de la recherche scientifique rend compte de ses résultats, de ses méthodes et de ses pratiques déontologiques devant la communauté scientifique. En aucun cas il/elle ne doit avoir à révéler ses « sources » devant un pouvoir politique, policier ou économique. Au même titre que la liberté d’expression et la liberté de la presse, ces principes sont indissociables de la notion de démocratie.

L’assemblée générale de Sud Recherche EPST appelle toute la collectivité de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche à s’associer aux actions en cours pour protéger Pınar Selek, torturée pour avoir refusée de révéler ses sources, puis condamnée pour un attentat qui n’a jamais existé.

Le gouvernement français doit s’engager formellement à refuser l’extradition de Pınar Selek. Il doit appuyer les démarches entreprises par la chercheure pour une saisine de la cour de cassation de son pays afin que le jugement soit révisé dans le respect du droit. Il doit enfin intervenir auprès du gouvernement turc afin que Pınar Selek, définitivement acquittée, puisse séjourner librement dans son pays si elle le souhaite.


Plus d’infos et les actions du collectif de soutien :
http://www.pinarselek.fr/