INRA : Budget 2015 au Conseil d’Administration du 16 décembre & Bilan des élections professionnelles 2014

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Dans ce dernier message de l’année à tous les agents, nous alertons sur la baisse historique des recrutements dans le budget 2015. Nous tirons également un premier bilan des élections professionnelles de décembre... SUD-RE poursuit sa route, se consolide à l’INRA, Merci aux agents pour leur confiance !
... Ceci dans l’attente d’une analyse interne plus poussée, avec la nouvelle composition attendue des CHSCT et le rôle d’un "CTMESR" peu connu à l’INRA.

En fichier joint, version pour impression avec les tableaux de bilan

Budget 2015 : Diminution historique des recrutements à l’INRA… ce gouverneMENT !

Un Budget 2015 en baisse de 1% à l’INRA ! (sans tenir compte de l’inflation) La Direction a présenté au Conseil d’Administration (CA) le budget 2015, le considérant comme « exigeant, mais marqué par la confirmation du soutien et de la priorité accordée à la recherche par l’Etat » suivant l’édito de l’INRA en bref du 19/12. Bigre, est-ce l’effet des petits fours de la réception organisée par le Président Hollande pour annoncer l’annulation de la ponction de 70 millions d’Euros aux Universités ? … alors même que celle de 65 millions pour la recherche était maintenue !
Le nombre de recrutements en 2015 (129) sera largement inférieur aux départs en retraite (203)… alors même que la secrétaire d’Etat, Madame Fioraso, indiquait pourtant devant les parlementaires, début novembre, « les départs à la retraite de chercheurs et d’ingénieurs, techniciens et administratifs () remplacés au taux de 1 pour 1 .
L’évolution des recrutements dans les corps Ingénieurs-Techniciens sur 25 ans illustre la diminution déjà forte de ces dernières années, avec des chiffres de plus en plus faibles en catégorie C et B :

Ce graphe reprend tous les modes de recrutements dans ces corps, et la totalité des ouvertures en Ingénieurs et Techniciens. A court terme, c’est bien la fin des recrutements d’Adjoint/es qui est en jeu… nous attendons avec inquiétude les chiffres consolidés de 2014 et surtout les annonces 2015 (suite à une campagne de mobilité sur … 4 postes) !
La diminution du nombre de personnels techniques dans les équipes va donc s’amplifier avec toutes les difficultés que cette situation apporte pour la continuité des travaux qui sont réalisés d’une façon croissante par des personnels temporaires et pour la sécurité de ces personnels qui sont de moins en moins encadrés pour les tâches techniques. Ceci sans évoquer les possibilités de promotion de plus en plus faibles pour les agents titulaires.

L’autre conséquence de cette baisse des recrutements est que l’on est en train d’écœurer de la profession de scientifique toute une génération d’étudiant/es qui se détournent de plus en plus des métiers de la recherche. Qui peut rêver encore de faire une thèse sachant que l’avenir des jeunes docteurs est de connaitre de longues années de précarité, sans grand espoir de décrocher un emploi permanent ?

Autres conséquences, reprises de l’intervention de l’élu SUD au CA du 16 décembre

Le budget 2015 de l’INRA est un très mauvais budget qui va continuer de plonger les Unités de recherche dans une situation de crise financière croissante et qui va accroitre la pression sur les recrutements avec des conséquences désastreuses pour les années à venir. La crise financière des Unités de recherche qui voient leur dotation de base diminuer d’année en année a transformé les métiers de la recherche.

Nous consacrons désormais une part importante de notre temps à nous concurrencer entre nous pour l’accès aux crédits de recherche pour pouvoir travailler !!! Outre la résignation qui gagne dans les rangs, une des conséquences de cette évolution est que la recherche actuelle devient de plus en plus opportuniste, s’inscrivant sur le court terme et se décidant en fonction des crédits obtenus et non d’une programmation qui tiendrait compte de schémas stratégiques ou/et de la demande sociétale. Une autre conséquence est que les inégalités ne cessent de se creuser entre équipes mais aussi entre chercheurs en termes de ressources financières, ce qui constitue une source de conflits dans les Unités et ce qui nuit à la diversité des travaux réalisés et à l’émergence de nouvelles voies de recherche.

La crise économique a bon dos pour expliquer la baisse continue de notre budget quand on constate que dans le même temps, le budget du Crédit Impôt Recherche ne cesse d’augmenter (de 980 millions d’euros à plus de 5 milliards), sans qu’aucun effet d’entraînement ne soit observé sur la recherche et le recrutement dans le privé. Ces cinq milliards d’euros cédés sans contrepartie aux patronats représentent 10 fois plus que les 510 millions d’euros rabotés sur le budget de la recherche publique. Si le gouvernement porte donc une énorme responsabilité dans la situation actuelle, il faut également dénoncer certains choix faits par notre Direction.

C’est ainsi que le maintien de l’attribution de la prime d’excellence scientifique dont le montant dépasse annuellement 1 million d’euro, budget qui permettrait le recrutement de plusieurs dizaines de personnels permanents. Il en est de même pour les sommes astronomiques que l’on continue de verser aux grandes maisons d’édition scientifique qui, non contentes de ne rétribuer ni les auteurs des articles que leurs revues publient, ni les relecteurs de ces articles, ni les éditeurs qui sont tous des chercheurs, leur font en plus payer le droit de lire les articles produits par leurs collègues. Certains Instituts et certains pays ont choisi de ne plus entretenir ce scandaleux système, il est temps que l’INRA fasse de même.

Enfin que dire du maintien des métaprogrammes, dont on peut s’interroger sur le choix des thématiques soutenues, l’agroécologie et l’agriculture biologique ayant été oubliées malgré la forte demande sociétale, et sur les procédures d’attribution des crédits qui ne font qu’ajouter de la complexité et de l’inégalité au système de financement des Unités (comme l’a d’ailleurs souligné la commission d’évaluation du Département EA).

Résultats SUD-RE aux élections professionnelles : un encouragement… à persévérer !

Dans un contexte social difficile pour toute la fonction publique, près d’un agent sur deux a boudé ces élections. Au CNRS, la participation a même été inférieure à 30 %. Si l’avalanche de scrutins a pu décourager certains, le mouvement syndical doit aussi s’interroger sur sa capacité à mobiliser. En comparaison, la participation a été bonne à l’INRA avec même plus de votants qu’en 2011.

SUD-RE poursuit sa route, avec des résultats proches de ceux de 2011, avec un coup de chapeau à l’IFSTTAR, où en quelques années nous devenons le premier syndicat ; à l’IRSTEA, nous demeurons majoritaires ; au CNRS, nous confirmons notre position, en dépit de la baisse du vote. SUD-RE est le troisième syndicat au sein des EPST.

A l’INRA, nous consolidons notre position avec désormais 2 sièges au Comité Technique (CT), une audience similaire dans tous les corps, reflétant un appui inter-catégoriel à nos expressions sur la recherche publique et les conditions de travail ; de bons résultats dans les centres où un travail de proximité est mené… Merci de votre confiance, dans cette période peu propice aux avancées sociales nous souhaitons porter des revendications unitaires en matière d’emploi et de pouvoir d’achat.

(voir tableau des résultats SUD-RE dans les CT en fin de message ou dans le pdf joint)

La Direction de l’INRA s’est déclarée satisfaite de ces élections. En s’adressant à tous les agents, elle a souligné « l’importance que vous accordez à la concertation et au dialogue ». Cherchez l’erreur : la définition du dialogue étant « discussion entre personnes, entre partenaires ou adversaires politiques, idéologiques, sociaux, économiques, en vue d’aboutir à un accord » (Larousse). Sur la période écoulée, nous n’avons vu aucune volonté de sa part d’ouvrir de véritable débats au sein des instances nationales ni d’aboutir à des accords significatifs.

Un CT est déjà convoqué le 13 janvier (sur l’IAVFF) et un CA le 28 janvier (sur Agroparistech-INRA, campus commun à Saclay), sûrement dans le même esprit de « causes toujours, tu m’intéresses » pour imposer ses décisions…

Nous aurons l’occasion de revenir sur ces résultats électoraux, après analyse interne et connaissance du renouvellement de la composition des CHSCT, avec notamment le rôle d’un « CTMESR » peu connu à l’INRA, et qui parait éloigné de nos préoccupations…

Pour en savoir plus, la feuille de SOLIDAIRES-FP faisant le bilan de ces élections , se concluant par « Moins de pouvoir d’achat, plus de suppressions d’emplois, poursuite des dégradations des conditions de travail confrontées aux multiples réformes en cours. Autant de motifs qui réclament un syndicalisme de propositions alternatives et d’actions déterminées, construites avec les personnels dans l’unité la plus large. »

Bonne fin d’année !