Conseil d’Administration de l’INRA du 11 juin 2015 : notes de l’élu SUD - avec les dossiers Climat et agriculture, le décret fondateur de l’EPST, la soumission aux programmes européens H2020..

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Cet article reprend les notes de l’élu SUD au CA INRA du 11 juin dernier, avec comme dossiers "chauds" (!) : climat et agriculture, le décret fondateur de l’INRA et le bilan des soumissions de projets au programme européen H2020...

Avec, à nouveau, des expressions SUD bien senties, visant le manque de soutien aux alternatives à ce modèle agricole intensif, la fragilisation de la recherche publique européenne, et une absence de prise en considération des demandes du personnel dans le décret fondateur revisité.

- dossier "climat et agriculture"

Expression SUD « Les conférences internationales passent depuis Rio 82 et rien ne change, les pires scenarios climatiques se confirment, alors pas beaucoup d’illusions sur les résultats de la COP21. Par ailleurs deux points par rapport à l’exposé. Le premier sur la dimension de l’eau qui ne se limite pas à une question de quantité. La question de la qualité est au moins aussi importante. Plus globalement, l’impression que l’on a en écoutant les solutions proposées est que l’on veut continuer à tout faire de la même façon en s’adaptant seulement, alors que l’on sait que ce ne sera pas durable. Je n’ai pas vu de réflexions plus larges sur les modifications de notre modèle agricole, sur l’organisation des territoires… !!! »

- point sur la soumission de projets au programme H2020

Expression SUD « On voit bien que la baisse des crédits de recherche dans de nombreux pays européens, y compris la France, dans le cadre des politiques de rigueur qui sont appliquées, conduisent à une concurrence de plus en plus forte sur les appels d’offre européens et en conséquences à une diminution des taux d’acceptation. On est désormais à 38% de réussite à l’Europe, 8% à l’ANR… Connaissant la lourdeur du montage de tels projets, combien d’heures chercheurs sont passées à leur préparation et à celle des projets ANR (puis à au CR et toutes les autres contraintes quand par chance un projet est accepté) ???
Il faut considérer un article très intéressant publié il y a quelques mois dans PLOS One sur les conséquences des faibles taux de réussite des AP qui montre que ces faibles taux de réussite ont un impact important sur la communauté des chercheurs et sur le système de recherche publique…

Autre problème, par rapport aux finalités économiques/technologiques qui éliminent beaucoup de projets alors que les projets de recherche fondamentaux sont de moins en moins financés (à l’exception des ERC). Dans le même temps, on remarque que les grandes multinationales profitent au maximun de ces budgets européens qui s’ajoutent au crédit impôt-recherche (CIR) en France. On voit donc bien qu’il y a un choix très clair de financement de la recherche privée et de la recherche profitant au privé au dépend d’une recherche indépendante de ces groupes privés. »

- Echanges sur l’actualisation du decret de 1984, fondateur de l’INRA

Les représentants du personnel rappellent le vote unanimement négatif émis par le Comité technique sur ce sujet.
L’intervention SUD regrette qu’il n’y ait toujours que cinq représentants du personnel dans un CA de 27 membres ce qui transforme un peu le CA de l’INRA en chambre d’enregistrement des décisions prises par la Direction et l’Etat. En revanche, satisfaction de voir qu’il y ait un représentant des associations environnementales nommés au CA comme nous le demandons depuis des années au même titre que nous nous étions réjouis que la Confédération Paysanne soit désormais représentée dans ce CA.

Dans sa réponse, le DG délégué à l’administration indique que la marge de manœuvre était faible sur la représentation du personnel, avec l’arrivée de nouveaux acteurs et que l’exemple de la gouvernance des CA universitaires n’était pas adapté à l’INRA. Et selon lui, la question des conseils de centre avait fait l’objet d’une discussion…
Concernant la durée de direction des Unités, le PDG confirme que la norme est de 2 mandats, même si le décret fixe une limite maximale plus longue.

A lire aussi la lettre adressée par SUD à la Direction Générale en amont de ce CA (reprise en annexe de ce CR)… et manifestement, sans écoute : La Direction continue de fermer la porte du Conseil Scientifique National à la moitié des agents de l’INRA (ceux émargeant dans les corps de catégorie B et C) et réduit, sans bilan ni concertation, les instances de concertation de proximité.