INRA : notes de l’élu SUD au Conseil d’Administration du 15 décembre 2016

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Les notes en séance de l’élu SUD et notamment sa critique toujours bien argumentée du nouveau projet de budget 2017 catastrophique, notamment en matière d’emploi pour les corps d’ingénieurs et techniciens..

en pièce jointe, les notes de l’élu SUD

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Le budget 2017 présenté au Conseil d’Administration ne concrétise pas les intentions affichées par le nouveau Président, à l’entrée de son mandat. Nous avons cru comprendre que le PDG lui-même, conscient de la faiblesse de ce budget, prévoyait un effort en direction de l’expérimentation… l’année prochaine, ne tenant sans doute pas à assumer l’entière paternité de celui-ci ! Il est vrai que l’arbitrage des postes 2018 commence dès ce début d’année, en amont de la campagne de mobilité.

Il sera difficile de faire pire, jugez –en vous-même :

149 recrutements pour 179 départs à la retraite attendus 47 concours en chercheurs (32 CR2-9CR1, quelques DR) pour 27 retraité/es 102 recrutements en IT (y compris 10 postes « sauvadet) pour 151 retraité/es

Extraits de la déclaration de l’élu SUD en séance

« On lit dans le document que l’on va « Conserver un niveau cohérent bien que maitrisé de recrutements dans les corps des ingénieurs et des techniciens afin de respecter au mieux les grands équilibres » alors que si l’on on regarde les chiffres, pour 151 départs à la retraite attendus dans les corps ingénieurs et techniciens, seulement 102 emplois seront ouverts aux concours. Cela veut donc dire que dans le langage de notre direction, conserver un niveau cohérent de recrutement revient à supprimer 30% des postes dans cette catégorie. Cette décision de poursuivre le sacrifice engagé depuis plusieurs années du corps technique est à rapprocher de la destruction progressive des moyens expérimentaux, Bressonvillers étant le dernier exemple. Il faut donc se demander comment un Institut tel que l’INRA arrivera dans le futur à répondre à ses missions de productions de connaissances opérationnelles si les moyens humains et techniques ne sont plus disponibles pour l’expérimentation.

En ce qui concerne les postes de CR2, les forces vives de la recherche d’aujourd’hui et les futurs cadres de demain, 32 emplois seulement seront ouverts au concours alors qu’il y a quelques années on dépassait la centaine de postes. Pour rappel, plus de 500 doctorants travaillent à l’INRA et même s’ils n’ont pas tous vocation à intégrer notre organisme, leurs espoirs sont de plus en plus minces d’obtenir un poste de titulaire.

Cette casse organisée de la recherche est soit disant justifiée par une nécessaire rigueur budgétaire imposée par le contexte économique. Sauf que dans le même temps, le Crédit Impôt Recherche continue de prospérer et d’offrir la niche fiscale la plus coûteuse pour l’Etat comme cela a été dénoncé en 2013 par la Cour des Comptes. Avis partagé par les spécialistes en fiscalité du syndicat Solidaires Finances Publiques qui notent pour leur part que le montant du CIR perçu par les grandes entreprises a été multiplié par six entre 2007 et 2012

Dans une lettre ouverte à François Hollande, 660 directeurs de laboratoire lui précisaient en octobre 2014 : « Une réforme du Crédit Impôt Recherche (CIR) permettrait de financer une autre politique et notamment, un plan pluriannuel ambitieux pour l’emploi scientifique, devenu aujourd’hui indispensable. A titre d’exemple la création de 3000 postes représente une somme de 180 millions d’euros soit seulement 3% du CIR, à peine plus que ce que touche Sanofi chaque année... Tout ceci confirme bien qu’il serait possible de trouver de l’argent pour la recherche publique mais que les choix qui ont été faits sont tout autres.

Enfin, il reste autre chose que le CIR qui n’est pas remis en question, c’est le budget de la PEDR (presque 1,5 million d’euros). Une note récente du Ministère a confirmé ce que nous dénonçons depuis longtemps, à savoir que cette prime PEDR est profondément injuste, puisque comme la note le décrit, la PEDR, tout comme la PES, bénéficie majoritairement aux mâles dominants appartenant aux corps des DR1 et DREX. Loin de remettre en cause cette prime, la solution proposée par le Ministère pour remédier à ce déséquilibre est un bidouillage assez honteux pour mettre en place des quotas qui n’en porteraient pas le nom et dont on sait à l’avance qu’ils ne seront pas tenus. »