La Recherche Publique : un service public sans usagers ?

, popularité : 50%

Les services publics ne sont pas simplement des alternatives non marchandes pour la fourniture de services et de produits. Ils sont l’expression de la volonté de la prise en charge collective de différents aspects de la société.

ASSISES 2015 DE DÉFENSE, DE DÉVELOPPEMENT ET DE DÉMOCRATISATION DES SERVICES PUBLICS

La recherche publique, Un service public sans usagers ?

- L’humanité a un besoin urgent d’améliorer la compréhension de son milieu de vie, de son univers ...
- La société a besoin d’expertise objective, indépendante, (im)pertinente

Pour Sud Recherche EPST, ces besoins ne peuvent être satisfaits qu’à travers un véritable service public, indépendant des pressions politiques et économiques.

  • Cela implique que le personnel scientifique puisse s’exprimer sans être soumis aux pressions des gouvernements et lobbys de toute espèce.
  • Cela implique des chercheurs – citoyens, qui éclairent de leurs connaissances le débat public, et qui assument la responsabilité de leurs choix. Pas de soumission aux « intérêts supérieurs », mais pas de tour d’ivoire.
  • Cela implique des recherches menées dans l’intérêt général, sans contrepartie marchande. Des résultats publiés, pas de brevets, pas de « start-up ».
  • Cela implique une mise en commun des connaissances au niveau mondial. Pas de patriotisme cocardier, une coopération profitable à tous.

Et tout cela implique un financement public, par l’impôt, expression de la mise en commun des richesses produites, et des emplois publics, statutaires, non soumis à une obligation d’obéissance des décideurs politiques, une protection des lanceurs d’alerte, une expertise collégiale ...

SOMMES-NOUS PRÊTS À DÉVELOPPER UN TEL SERVICE PUBLIC ?

Extrait de la contribution de sud recherche EPST au congrès de l’union syndicales Solidaires, Dunkerque 2014 :

… Sans prétendre lister les fonctions qui pourraient relever de la communauté (car, a priori, toutes les fonctions pourraient en relever si la communauté le décide), un certain nombre de principes permettent d’aider à définir ce qui devrait relever de l’action publique :

  1. les missions « d’intérêt général », de mise en commun des ressources, de partage. À partir du moment où la collectivité décide de l’importance de l’accès de tous à une ressource, cette ressource ne peut être mise sous la coupe d’intérêt privés. Par exemple, les transports pourraient être considérés comme un outil communautaire, plutôt qu’une marchandise commerciale, soumise à une « libre concurrence » qui n’est qu’un prétexte à détourner des fonds publics (les investissements déjà faits ou à venir) au profit de quelques actionnaires de sociétés privées. Au contraire, la gratuité des transports, outre son rôle sur l’équilibre social, pourrait présenter des avantages d’un point de vue environnemental par exemple.
  2. Les missions nécessitant l’indépendance de leurs acteurs : la justice bien sûr, les douanes, les impôts, mais aussi tous les « gardes-fous » comme les services d’inspection du travail ou de répression des fraudes, contrôles vétérinaires. Parmi ceux-ci, bien que moins visibles, il faut souligner l’importance de l’indépendance de tous les « experts » scientifiques, et en particuliers les lanceurs d’alerte … Il serait judicieux également de poser le débat en ce qui concerne l’indépendance de la Police, de l’Enseignement...
  3. Les missions « égalitaires », en particulier au niveau territorial. Seule l’action publique est en mesure de promouvoir l’ubiquité des services, l’égalité de l’accès à l’eau ou aux transports, à l’enseignement ou au courrier, …
  4. les missions de caractère « humaniste », c’est à dire dont la portée va au delà du strict cadre de la communauté « nationale », comme par exemple la santé, ou l’accroissement et la diffusion des connaissances. C’est ainsi que la recherche ou l’enseignement ne peuvent être limités à la déclinaison de l’intérêt particulier, fut-il associatif : c’est un des rôles de la société de mettre la connaissance à la disposition de l’humanité entière, et non pas de la confisquer, fut-ce au profit d’un état.

...