Comité Technique du MESR d’avril 2018, boycotté le 12, s’est tenu le 20 avril...

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Feuille de route de la ministre toujours dissimulée, décret sujétions et astreintes encore remis aux calendes grecques, toujours rien en vue pour les discussions interministérielles sur la fusion INRA et IRSTEA... Et pendant ce temps-là, les "évacuations" musclées des amphithéâtres se multiplient. Ce contexte a motivé notre boycott de la première réunion le 12 avril.

Suite au manque de quorum, le CT a été reconvoqué le 20 avril. A cette occasion nous avons enfin eu connaissance de la feuille de route de la ministre... qui date d’aout 2017 !

Dans l’attente du rendu de la réunion du 20 avril, en pièce jointe la lettre de mission de la ministre...


Nous ne pouvions pas siéger tranquillement ce 12 avril sans tirer le signal d’alarme.

Voici la déclaration par laquelle nous avons annoncé notre décision :

Sud Recherche EPST et la fédération des syndicats SUD Éducation ne participeront pas à la séance du CT-MESR de ce jour.

À quoi bon en effet participer à de telles réunions alors même que le ministère ne tient pas les engagements qu’il y prend ? Cette instance ne servirait-elle au ministère qu’à exprimer son mépris envers son personnel et les organisations qui le représentent ?

- Qu’en est-il de cette réunion interministérielle sur la fusion IRSTEA/INRA que la direction générale des ressources humaines devait demander ? Va-t-on devoir attendre que la fusion soit réalisée pour commencer à en discuter ?
- Qu’en est-il des textes réglementaires nécessaires à la compensation des sujétions et astreintes pour toutes les catégories du personnel, sans arrêt repoussés ? La « Conférence des Présidents d’Universités » n’en verrait pas la nécessité paraît-il, et cette opinion suffirait au DGRH (Directeur Général des Ressources Humaines) ! Pour ce ministère, un club d’employeurs universitaires pèse plus lourd que la représentation élue de centaines de milliers d’agentes et agents, et tout particulièrement lorsqu’on parle de rémunération !
- Qu’en est-il surtout de la feuille de route établie par le premier ministre à l’attention de Madame Vidal ? Au mépris des promesses faites ici-même, elle reste tenue jalousement secrète, alors que d’autres ministres l’ont spontanément communiquée à leur personnel. Qu’y-a-t-il donc dans cette feuille de route qui justifie une telle opacité ? Y lirait-on les consignes pour poursuivre la casse du service public tout en tenant un discours lénifiant qui ne trompe que les dupes ? Car c’est bien ce qui se passe pour la loi ORE, par exemple. À part quelques commentateurs choisis pour leur complaisance, à qui Madame la ministre va-t-elle faire croire que son action viserait à donner à chaque bachelière et à chaque bachelier une chance de réussite dans l’enseignement supérieur, alors que le budget 2018 qu’elle a fait adopter ne consacre pas un euro à la prise en compte de l’augmentation du nombre d’étudiantes et étudiants dans les établissements ? Alors que le taux d’encadrement en licence est le plus faible de toutes les formations de l’enseignement supérieur ? Alors qu’actuellement elle négocie l’ouverture de places au quart du coût moyen par étudiant·e  ? Est-ce dans ces conditions qu’on va améliorer la réussite de toutes et tous, et revaloriser l’investissement des enseignants et enseignantes dans leur mission de formation ?

Cette dissimulation est un exemple de plus du mépris de ce ministère envers le personnel et ses représentant·e·s ! Et tant que nous parlons de la réforme de l’accès à l’enseignement supérieur, pourquoi les répercutions de ces dispositions sur le personnel n’ont-elles jamais été sérieusement abordées ? Pas plus en comité technique qu’en CHSCT, alors que nos organisations sont déjà sollicitées par des collègues en souffrance, incapables de traiter la masse des dossiers, tenu·e·s dans l’ignorance des critères retenus pour sélectionner les élèves de leur propre enseignement, ou soumis·es à des pressions énormes pour les contraindre à contribuer à cet « écrémage » que leur conception du service public condamne ?

Mais c’est vrai que celles- et ceux-là sont des opposant·e·s. Et que ce gouvernement n’a aucune merci pour qui a le front de le contredire. Si, devant l’opprobre générale soulevée par une des agressions d’extrême-droite dont des étudiants et étudiantes sont victimes, Madame la ministre a fait de beau discours pour expliquer que la violence est inadmissible dans les universités qui doivent rester un lieu de débat d’idées, elle semble fort satisfaite lorsque ce sont des forces en uniforme et tenue de combat qui vont débattre avec les étudiant·e·s de la question de l’occupation des amphis, avec des arguments … -massue !

Ce gouvernement porte la responsabilité de la mobilisation qui est entrain de se développer. Or dans de nombreux cas, la réponse de votre ministère ou des dirigeant·e·s d’établissement a été l’autoritarisme et des interventions policières sur les campus universitaires, comme ce fut le cas à Nantes, Bordeaux, Paris, Lille, Caen, Dijon, Grenoble, Strasbourg. Et quand ce sont les instances des universités qui s’opposent à la casse, comme à Toulouse 2, il n’hésite pas à destituer les conseils et nommer un administrateur provisoire pour garder l’établissement sous le boisseau ! Vous avez dit autonomie ?

Nous sommes solidaires des jeunes et des membres du personnel agressés par les groupes d’extrême-droite. Nous sommes solidaires des lycéen·ne·s et des étudiant·e·s mobilisé·e·s. Ils et elles doivent pouvoir se réunir, diffuser des tracts, afficher leurs opinions, se mobiliser dans et devant leurs établissements, sans que le recours répété aux forces de l’ordre pour vider les amphis ou dégager les entrées des établissements ne soit la seule la réponse à leurs revendications.

Ce sont certes tous les services publics qui sont attaqués, à commencer par ceux du rail, de la santé, de la formation professionnelle etc., et nos organisations appellent à soutenir les mobilisations en cours et à les défendre.

La marche vers la casse du service public de l’enseignement supérieur n’est pas non plus une nouveauté.

Mais ce ministère semble en la matière vouloir y adapter la formule olympique : « plus haut, plus fort, plus vite », en y ajoutant peut-être « plus hypocrite » !


3 autres organisations syndicales ont également fait le choix de boycotter ce CT.

Les organisations de la CGT, de FO et de Solidaires ont publié un communiqué de presse commun à l’issue de ce comité technique avorté.

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