CNRS : Conseil d’administration du 15 mars 2019 Déclaration liminaire de Sud Recherche EPST

, par  Janique Guiramand , popularité : 12%

Déclaration liminaire de Sud Recherche EPST

Cette déclaration fera écho à plusieurs points qui ont été abordés par Monsieur le Président. Tout d’abord nous tenions à dire que nous avons apprécié le message envoyé par monsieur le président aux agentes et aux agents du CNRS pour le 8 mars. La mesure consistant à promouvoir les chercheuses au prorata, au moins, du pourcentage de femmes promouvables, est une revendication que Sud Recherche EPST porte depuis de nombreuses années et pas seulement d’ailleurs pour les corps de chercheuses. C’est un des moyens essentiels pour rattraper des décennies d’inégalité, mais cette revendication n’est pas toujours bien perçue et nous nous réjouissons qu’elle soit portée et mise en œuvre par la direction du CNRS. Nous avons d’ailleurs suggéré au ministère de s’en inspirer lors d’un récent CT ministériel où était présenté le plan égalité femmes-hommes. Nous saluons aussi l’initiative d’inviter celles qui le souhaitaient à quitter leur travail à 15h40 - heure symbolique pour signifier les inégalités salariales. On n’est pas certain que sa mise en œuvre ait été facile dans les services, mais le symbole y était.

Passons maintenant aux sujets moins sympathiques. Puisqu’il va être question aujourd’hui de relations internationales, nous ne pouvons pas faire l’impasse sur la question de l’augmentation des droits d’inscription pour les étudiantes et étudiants extra-communautaires. Les organismes de recherche dont le CNRS qui accueillent dans leurs laboratoires de nombreuses et de nombreux étudiantes et étudiants stagiaires sont aussi concernés par cette question. Si le ministère a reculé dans le cas des doctorantes et doctorants et pour les classes préparatoires, il campe sur ses positions pour toutes les autres formations, autant dire la plus grande majorité des étudiant-e-s concerné-e-s, et refuse d’entendre la communauté qui est très largement opposée à ce projet ; ce qui s’est traduit par un rejet massif au CNESER ce lundi. Au passage nous saluons la position de la CPU qui a voté contre le projet de texte. Le gouvernement prétend avec sa réforme « bienvenue en France » augmenter l’attractivité de la France, attirer les meilleur-e-s étudiant-e-s étranger-e-s, or les derniers chiffres de France campus qui annonce une baisse de 26% des inscriptions d’étudiant-e-s étranger-e-s extra-communautaire, semble pourtant le contre dire. De fait « Bienvenue en France » devrait s’appeler « Bienvenue en France les riches »… Est-ce à dire que gouvernement considère que les riches seraient plus excellents que les autres ? Tout comme les autres syndicats de Solidaires du secteur, Sud Recherche EPST défend l’accès de toutes et tous à une université ouverte et gratuite.

Autres sujets qui ne vont pas manquer de nous mobiliser dans les mois qui viennent : la Loi de programmation de la recherche et la Loi de transformation de la fonction publique. Pour Sud Recherche EPST la Loi de programmation devrait garantir la liberté et l’indépendance d’une recherche publique au service de l’intérêt général ; elle devrait faire en sorte que les missions des organismes de recherche incluent la sauvegarde de l’universalité du développement des connaissances, ou des missions d’aménagement du territoire... Que, plus généralement, les établissements de l’ESR favorisent la création et la diffusion des savoirs ainsi que leur critique. Que la démocratie soit réellement restaurée dans les établissements, en particulier qu’aucun engagement important ne puisse être pris sans l’accord le plus large des intéressé-e-s ; que ce soient celles et ceux qui connaissent le travail à effectuer qui l’organisent ; que tout ceci soit un vrai service public, financé entièrement sur fonds public, avec un financement récurrent et des modes d’évaluation garantissant l’indépendance et l’impartialité de l’expertise développée ; avec du personnel titulaire et pas précaire, du personnel payé correctement et pas mis perpétuellement en concurrence. Et c’est pourquoi nous nous battrons aussi contre la Loi de transformation de la fonction publique qui détruit nos statuts, favorise la mise concurrence et l’individualisation à outrance, fragilise l’indépendance des services publics, et instaure la précarité à vie avec le contrat de projet.

L’ordre du jour :

1. Approbation de l’ordre du jour
2. Approbation du compte-rendu des débats du Conseil d’administration du 13 décembre 2018 (vote)
3. Point d’actualité
4. La stratégie internationale du CNRS
5. Questions financières :
5.1 Arrêtés des comptes sociaux, comptes consolidés et affectation du résultat comptable 2018 (vote)
5.2 Budget rectificatif n°1 - 2019 (vote)
6 Questions stratégiques :
6.1 Point d’étape sur le contrat d’objectifs et de performance du CNRS 2019 - 2023
6.2 Compte-rendu 2018 des décisions du président en matière de participation aux organismes dotés de la personnalité morale et orientations proposées pour 2019 (vote)
6.3 Participation du CNRS à l’I-SITE Université Lille Nord Europe (vote)
6.4 Retrait du CNRS de la COMUE Languedoc-Roussillon Universités (vote)
6.5 Retrait du CNRS de la SATT Grand Centre : cession de parts sociales (vote)
6.6 Acquisition de parts sociales de la SATT Lutech (vote)
7 Questions diverses :
7.1 Rapport annuel d’activité du comité d’audit
7.2 Rapport sur les personnels mis à disposition auprès d’entreprises (vote)

Les notes de ce CA en pièce jointe (accès réservé).

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