M. le directeur, êtes-vous en train d’enterrer l’Ined ?

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Liminaire Sud-Recherche Ined lue à la FS-SSCT du 27 mars 2026

Un budget maintenu à 19 millions d’euros.
Maintenu.
Le mot est soigneusement choisi, comme si la reconduction à l’identique était en soi une victoire.
Mais la vérité, c’est que c’est un budget qui ne tient pas compte de l’inflation, qui ne tient pas compte de l’augmentation des besoins, qui ne tient pas compte de l’épuisement de nos agentes.
Dix-neuf millions qui valent moins qu’hier, et encore moins que demain. Et on sait qui paye ! C’est le prix de l’épuisement de ceux et celles qui font tourner l’Ined.
M. le directeur, quel arbitrage allez-vous faire et quelles conséquences pour les agentes et agents, qui payent ?

Au-delà ou en plus de cette terrible réalité des moyens, « la galette amère », il y a aussi la regrettable gouvernance à laquelle nous faisons face et la désorganisation permanente. Il faut obéir, faire, mais à quoi et pourquoi ? ... vous créez des bidules, des machins... nous avons l’impression de vivre dans le monde des Shadocks, on pompe ...

Rappelons qu’à l’arrivée de la direction au 1er janvier 2024, on avait enfin atteint l’organigramme cible du RH. Six mois plus tard, on avait perdu une grande partie du RH. Si le lien de causalité est difficile à établir, on peut tout de même avoir un fort soupçon ... et la suite n’a pas été mieux !

Si les instances de consultation sont largement malmenées et si pas grand chose de statutaire ne se fait dans les instances, force est de constater que ce mépris total pour tout, cette non organisation et ce respect des règles à géométrie variable ont aussi des conséquences sur l’organisation du travail, la fuite des agents et la difficulté à recruter. Cela a aussi un effet sur la santé des représentantes et représentants syndicaux.

On peut donner des exemples à l’infini et nous en aurons encore un durant cette FS-SSCT mais donnons celui-là : l’organisation épuisante pour tout le monde de la consultation du rapport de l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR) autorisée par la CADA.

Le niveau de contrainte pour consulter ce rapport vise clairement à nous dissuader de consulter ces 5 pages sur 34, ce qui est hautement préjudiciable à toutes et tous, aux agentes et agents qui doivent mettre en œuvre cette procédure improbable et aussi au dialogue social.

La direction a fait le choix, sciemment, de ne pas respecter l’avis de la CADA alors que « la commission estime qu’eu égard tant à l’objet du droit d’accès prévu par le titre Ier du livre III du code des relations entre le public et l’administration, qu’à la portée de l’article L311-6, qui tend à la protection des intérêts légitimes des personnes privées, la communication d’un document administratif ne saurait être refusée au seul motif qu’il ferait apparaître, de la part d’une administration ou d’un organisme privé chargé d’une mission de service public, dans le cadre de l’exercice de leur mission de service public, un comportement dont la divulgation pourrait leur porter préjudice. Les passages de ces rapports qui procèderaient à une évaluation critique du fonctionnement du service public, ne mettant pas en cause à titre personnel des tiers, ne sauraient ainsi être regardés comme portant une appréciation ou un jugement de valeur sur une personne et n’ont pas à être occultés ». La direction a été jusqu’à occulter du rapport l’article du code sur les DGI, on voit mal comment cela pouvait être considéré comme une divulgation de la vie personnelle.

Ce rapport indique aussi que notre instance n’est pas la seule à être méprisée. Les inspecteurs ont bien noté que trois audits avaient été conduits, avant leur passage, dans différents services (oui c’est beaucoup), mais eux non plus n’ont pu en obtenir le résultat.

Alors même que ce qu’est un jugement de valeur et une information personnelle sont clairement définis, la direction a anonymisé la déclaration suivante : «  les organisations syndicales majoritaires n’arrivent pas à convaincre les minoritaires, qui sont plus mordantes  ».
M. le Président, cette déclaration rapportée par les inspecteurs dans leur rapport, est-elle une déclaration faite par la direction de l’Ined ? De tels propos en disent long sur la conception du dialogue social de son auteur !
Monsieur le directeur, Sud-Recherche, est là pour défendre les intérêts, les conditions de travail et de rémunération, et la santé des agentes et agents de l’Ined. Au regard de la situation actuelle, de votre silence assourdissant quand on vous alerte sur la souffrance au travail à l’Ined, pouvant aller jusqu’à des idées suicidaires chez les agentes et agents, soyez certain que nous continuerons à faire entendre notre voix et à activer tous les moyens dont nous disposons en tant que syndicat.
Reste qu’au final, vous êtes et serez directement responsable, pénalement et moralement, en cas de drame alors que vous disposez de tous les signaux au rouge et ne pouvez ignorer ce risque.

Le 11 février 2026, le rapport parlementaire sur « les causes et conséquences de la baisse de la natalité en France » est sorti. Dans ce rapport, au milieu de mesures telles que la création d’un ministère de la Famille rattaché directement au Premier ministre (doit-on vraiment ici indiquer à quel point cette mesure rappelle une histoire douloureuse ?), il est proposé de « refonder le rôle de l’Ined » pour en faire « une instance d’orientation stratégique sur la natalité et la réalisation du désir d’enfant » sur le même modèle que le Conseil d’orientation des retraites (COR).
M. le directeur quelle est votre position par rapport à cette nouvelle attaque sur la liberté académique ? Comment cela va ou pas intervenir ?
Êtes vous celui qui va fermer l’Ined ?

On a quelques indications sur la réponse à cette question :

Tout d’abord, début 2024, vous nous avez indiqué ne pas vouloir porter le nouveau dispositif d’agence de programmes à la différence de tous les autres EPST. Force est de constater que les transformations sont en cours et que les agences ont récupéré d’énormes moyens de fonctionnement via les frais de gestion prélevés sur les PEPR, nouveau système de financement dont nous sommes exclus.
Sud-Recherche s’oppose aux politiques d’excellence, mais vous, pourquoi exclure l’Ined de ce nouveau mode financement de la recherche ? comment comptez-vous assurer la survie financière de l’institut ?

Et plus récemment, en consultant le site de l’Ined, nous avons découvert l’annonce ci-dessous :
« En 2026, exceptionnellement, il n’y aura pas de campagne de candidatures pour un contrat doctoral Ined ». Et ce, sans concertation, même du Conseil Scientifique de l’Ined.
Ne pas recruter de doctorantes et doctorants pour un établissement de recherche est juste suicidaire. Quelle crédibilité pour notre établissement, une campagne doctorale ratée c’est des contrats qu’on ne récupérera pas, c’est des futures chercheuses et chercheurs qu’on ne formera pas , c’est des chercheuses et chercheurs qui n’auront pas l’opportunité de travailler avec des doctorantes et doctorants, c’est des unités de recherche privées d’une source de dynamisme et d’idées nouvelles, c’est l’Ined privée d’une partie de sa jeunesse et de sa force vive.
Quelle attractivité d’un établissement de recherche qui méprise la recherche à ce point ?

M. le directeur, êtes-vous en train d’enterrer l’Ined ?

Est-ce pour cela que vous mettez autant d’énergie pour entraver et réprimer l’action syndicale ?

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