Procès vigne OGM de COLMAR : la direction de l’INRA organise une manifestation devant le tribunal !

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Le jour du verdict du procès des "faucheurs volontaires" de l’essai vigne OGM en plein champ de Colmar, vendredi 14 octobre, la direction de l’INRA organise une manifestation devant le tribunal !
La branche INRA de SUD-Recherche EPST a réagi par le biais d’un message adressé ce jour à tous les agents de l’Institut.


Le procès des arracheurs de l’essai vigne OGM en plein champ de Colmar va connaître son épilogue vendredi 14 octobre avec le rendu du délibéré par le tribunal. Si notre syndicat SUD Recherche EPST pense que d’autres formes d’actions auraient pu être envisagées, en revanche il partage une bonne partie des analyses qui ont conduit à cette action.

Lors de ce procès, la défense a présenté des arguments convaincants sur l’inutilité agronomique de cet essai, son risque pour l’environnement et son caractère éminemment politique, son but essentiel étant de tenter de réhabiliter des essais d’OGM en plein champ. En cas de réussite de l’essai, celui-ci aurait profité aux trusts agro-alimentaires (dont Monsanto) qui détiennent les brevets sur la construction génétique utilisée.

Ces arguments semblent avoir été entendus par le procureur de la république dont le réquisitoire a été très modéré alors que l’INRA attend des condamnations lourdes et de fortes amendes. La direction de l’INRA semble craindre le verdict et elle s’apprête à livrer une bataille médiatique pour défendre ses positions. Elle vient d’appeler, à travers un message de la Présidente du Centre de Colmar, nos collègues du site, à manifester « spontanément » vendredi devant le palais de justice en blouse blanche pour défendre la liberté des chercheurs (voir ce message ci-dessous).

Ce procédé de la direction évoque ceux employés par les dictatures à bout de souffle qui organisent de telles manifestations spontanées pour soutenir leur régime lorsqu’ils sont remis en cause. Que dire aussi de l’argument de la direction concernant la défense de « notre liberté de chercheur » ?

Pourquoi les chercheurs seraient-ils libres de choisir leurs thèmes de recherche sans tenir compte des attentes et des intérêts des citoyens ? Et de quelle liberté bénéficient-ils vraiment aujourd’hui alors qu’il est de plus en plus difficile de trouver des financements sans justifier de l’intérêt des recherches pour des entreprises privées ?

Que dire encore de la liberté de choix de nos collègues à Colmar qui seront catalogués en fonction de leur volonté ou non de participer à cette manifestation ? Et pour couronner le tout, que dire enfin de cette direction qui a peur que ses agents manquent d’idées et d’enthousiasme pour préparer des banderoles et qui se propose de le faire à leur place ?

Notre syndicat se propose de contribuer à cet exercice, en suggérant d’inclure les slogans suivants :

« Pour le maintien d’une recherche inféodée aux multinationales »

« L’environnement, cela commence à bien faire »

« Libérons les OGM dans les champs »

« Vive le droit de chercher sur ce que l’on veut, quelles que soient les attentes des citoyens »

« L’agroécologie, c’est dans les textes, les biotechnologies c’est dans les faits »

Et lors des prochaines manifestations de personnels INRA en lutte contre la casse du service public de recherche, nous ne manquerons pas de demander à la direction de prendre en charge les factures de banderoles et nos retenues sur salaires !

En lien, le témoignage de SUD-Recherche EPST à la barre du tribunal, jeudi 29 septembre :
http://www.sud-recherche.org/SPIPprod/spip.php?article1301

Et rappel de notre message « Avec SUD-Recherche, SOLIDAIRES dans ce monde de brutes » :
http://www.sud-recherche.org/EPST/INRA/mailSudINRA45.html


Message diffusé par la Présidente de Centre aux agents de Colmar

Le procès des faucheurs qui ont sévit en 2010 en détruisant un essai de vignes OGM sur le Centre INRA de Colmar a eu lieu les 28, 29, 30 septembre. Le tribunal prononcera son délibéré vendredi prochain, le 14 octobre.

A cette occasion, la direction générale nous demande la plus grande mobilisation pour défendre notre liberté de chercheur en nous affichant clairement en blouse blanche.
En effet,

1. Le centre de Colmar a été le centre pilote sur ce débat de société qu’est la possibilité de réaliser des expérimentations hors confinement d’OGM. Ce projet a été porté avec rigueur, dans le respect de la réglementation en vigueur, par l’équipe Vive et par Jean Masson en qualité de Président de Centre. Par leur action, les faucheurs ont non seulement détruit cette expérimentation, mais ont intenté à la liberté de faire de la recherche dans un organisme de recherche publique ;

2. La décision qui sera prise vendredi fera date car elle va conditionner toutes les sanctions résultant de destructions d’expérimentations OGM hors confinement mais celles futures qui pourraient concerner des essais en confinement ou des lignées de tilling de plantes destinées à la consommation ;

3. Enfin, le sentiment qui doit prévaloir est celui de la solidarité avec nos collègues affectés dans leurs recherches par la destruction de l’essai, mais aussi solidarité avec tous nos collègues de l’INRA qui peuvent être un jour ou l’autre affectés par la destruction de leur outil de travail.

Aussi, pour mercredi matin je vous demande de me donner votre décision à participer ou non à la mobilisation de vendredi matin (c’est à partir de 8h30, car compte tenu du fait que la procédure prévoit qu’on demande aux 62 faucheurs s’ils ont quelque chose à ajouter à l’issue du prononcé des peines, amendes et condamnations aux dommages et intérêts, il est difficile de préjuger de la durée de l’audience).

Pour ceux qui seront prêts à se mobiliser, une réunion est prévue avec () Directeur de la communication de l’INRA, jeudi après midi afin de préparer les messages que les uns et les autres seraient éventuellement amenés à diffuser en réponse à des questions de faucheurs ou de journalistes.
Des banderoles avec des slogans clairs sont en préparation et seront à notre disposition.