Conseil d’administration du CNRS : les élus claquent la porte

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Suite aux déclarations de Valérie Pecresse dans le journal Le Monde, plus nombreux sont ceux qui comprennent enfin qu’il est illusoire de s’accrocher aux espoirs entretenus par les directions des organismes.

Les élus au conseil d’administration du CNRS ont refusé de faire semblant de débattre d’un texte déjà rendu caduc par les déclarations de la ministre de la recherche. Après leur sortie du Conseil d’Administration, un communiqué inter-syndical a été rédigé (voir ci-dessous).

Sans une opposition ferme et massive, susceptible de mettre en branle l’opinion publique, ce ministère continuera à mettre en place sa politique de destruction du service public de recherche et d’enseignement supérieur.

Il utilise d’un côté les ambitions de quelques-uns, avides d’un nouveau pouvoir (certains présidents d’université, certains directeurs d’institut actuels ou futurs, certains directeurs d’unité, certains chercheurs même). de l’autre, il laisse les directions d’organisme se mener la guerre pour savoir qui "pilotera" tel ou tel domaine.

Mais tout ce qui l’intéresse, comme nous l’a clairement fait comprendre notre entrevue avec le directeur du cabinet de Valerie Pecresse, c’est que les organismes lui proposent eux-mêmes un découpage en « instituts », et que ces mêmes organismes "calment" leur personnel en leur faisant miroiter la continuité de leur action en tant qu’opérateurs de recherche et employeur. Comme celà, l’opinion publique peut croire à une réforme qui aurait l’assentiment de la communauté.

Mais la vraie politique a déjà été clairement exposée : les instituts deviendront de simples agences de moyens à l’instar de l’ANR, les universités seront contraintes de se restreindre aux domaines « porteurs », la précarité deviendra le lot de tous, individus et mêmes structures.

Pour une fois que nous avons un gouvernement qui « affiche la couleur », pourquoi certains de nos collègues font-ils encore semblant de croire qu’il va se passer autre chose si nous ne manifestons pas largement notre refus d’une politique si suicidaire, pour la recherche publique et l’enseignement supérieur, mais aussi pour l’ensemble de la société ?

Déclaration intersyndicale au CA du CNRS le 22 mai

Face à l’agression du Ministère contre le CNRS, les élus du personnel quittent le Conseil d’administration.

Suite à la déclaration de la Ministre au journal « Le Monde », les quatre élus du personnel ont décidé de lire la déclaration suivante avant de quitter la séance du Conseil d’administration qui s’est tenue jeudi 22 mai à 10h :

Déclaration des élus du personnel SGEN-CFDT, SNCS-FSU et SNTRS-CGT au Conseil d’administration du CNRS du 22 mai 2008

Alors que le Ministère avait annoncé une « concertation » sur la réforme du CNRS et un vote au conseil d’administration du 19 juin, nous avons appris par le journal « Le Monde » daté du 21 mai des décisions arrêtées par la Ministre. Découpage en six nouveaux instituts nationaux (mathématique, physique, chimie, sciences de l’ingénieur, sciences humaines et sociales, écologie et biodiversité) excluant les sciences de la vie, qui seraient pilotées par l’Inserm, en lien avec l’Inra et le CEA, et l’informatique pilotée conjointement par l’Inria.

C’est là une réforme profonde de l’organisme qui préfigure sa disparition à terme. Le propre du CNRS, organisme de recherche national et généraliste, est d’explorer tous les domaines de la connaissance en organisant l’interdisciplinarité. Sous la langue de bois du « décloisonnement » et les promesses de « maintien du périmètre », le statut décidé pour les sciences de la vie et les sciences informatiques est le prélude d’un morcellement qui sera fatal à l’organisme.

La Ministre nommera les directeurs d’instituts. Ceux-ci, en directoire, géreront les budgets. On est déjà bien au-delà des affirmations de la lettre de mission du 27 février du ministère, qui plaçait l’ensemble « sous la responsabilité générale de la direction générale du CNRS ».

Alors que le CA doit aujourd’hui discuter de l’« Introduction » et de la « Synthèse » du plan stratégique du CNRS « Horizon 2020 », la Ministre par son intervention au journal « Le Monde » montre son mépris pour les membres du CA. Les décisions ainsi annoncées arrêtent de fait les concertations en cours dans l’organisme qui ont mobilisé depuis plusieurs mois les personnels, les directions d’unités et des départements scientifiques, le Conseil scientifique, les conseils scientifiques de département, le comité national, les organisations syndicales, et le groupe de travail du CA. Ces décisions prennent à contre-pied les recommandations votées unanimement par le Conseil scientifique du 14 mai.
En conséquence, nous ne souhaitons pas nous prêter aujourd’hui à la poursuite d’une telle mascarade et nous ne siégerons pas à ce conseil.

Pierre GIRARD, élu SGEN-CFDT, Charles-Antoine ARNAUD, élu SGEN-CFDT, Patrick MONFORT, élu SNCS-FSU, Daniel STEIMETZ, élu SNTRS-CGT.

Un rassemblement improvisé de plus de 150 personnes s’est tenu au siège du CNRS dès 10h pour soutenir les élus au CA. Face aux attaques contre le CNRS et l’ensemble de la recherche publique, à la volonté du « politique » de piloter la recherche, à la montée de la précarité, au refus du gouvernement d’annoncer un plan pluri-annuel de l’emploi, les organisations syndicales appellent les personnels à se mobiliser et à participer massivement à la journée de mobilisation du 27 mai.

SGEN-CFDT-recherche-EPST, SNCS-FSU, SNESUP-FSU, SUD-Recherche-EPST, SNTRS-CGT, SLR

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