SOLIDARITES : Etudiants Québécois, campagne BDS (Palestine), Liberté d’enseigner (Paris-Diderot) - MOTIONS D’ACTUALITE du congrès 2012 de SUD-RE

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Le 4eme congrès du syndicat, du 19 au 21 juin à Paris, s’est clos par le vote de 3 motions d’actualité en SOLIDARITE ; et de 3 autres ciblant des mesures d’URGENCE : en finir avec les EX (Excellence & Exclusion), situation des précaires, accueil des étudiants et diplômés étrangers.

Cet article reprend les motions SOLIDARITES. 2 motions internes ont également été votées, initiant une campagne du syndicat sur les temps réels de travail dans notre secteur ; incitant à maintenir l’adhésion après le départ en retraite.

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Et cliquerICI pour un lien avec l’article reprenant les motions d’URGENCES

Soutien aux étudiants Québécois

Quatre mois déjà que les étudiants québécois se mobilisent contre la volonté de leur gouvernement d’augmenter le prix des droits d’inscription à l’université ; à plus long terme, ils réclament la gratuité des droits d’inscription.

Des manifestations nombreuses, des répressions policières féroces et un gouvernement qui après trois mois ne trouve rien de mieux que de faire une loi spéciale pour rendre illégale la manifestation pour que les étudiants courbent l’échine et rentrent dans le rang. Nous dénonçons cette criminalisation du mouvement social.

Les étudiants québécois disent « non » à l’abandon volontaire par l’État de ses prérogatives en matière d’égalité des chances et d’accès à l’éducation pour tous. Ils disent « non » à l’augmentation du financement privé des universités pour compenser la baisse du financement public et qui a comme conséquence ces fortes augmentations des frais d’inscription.

En France, la LRU a été mise en place avec les mêmes fondements idéologiques et combattue pour les mêmes raisons. Nous voyons les conséquences dramatiques de sa mise en place dans nos universités et nous adressons tous nos vœux de succès au mouvement québécois.

Pour SUD-Recherche-EPST le savoir n’est pas une marchandise, il est le cumul des connaissances de l’univers que l’humanité a engrangées depuis son éveil à la conscience. Un savoir qui appartient à tous et qui doit être constamment entretenu, enrichi et transmis entre tous les humains et pas uniquement à quelques nantis qui, la plupart du temps, ne se sont donnés que la peine de naître.

SUD-Recherche-EPST soutient les étudiants québécois dans leur difficile et héroïque lutte pour défendre le droit d’accès à la connaissance pour tous.

Cette motion a été adressée sur le champ au mouvement quebecois préparant son 130eme jour de mobilisation... un succès suivant les premiers retours, des dizaines de milliers d’étudiant/es dans les rues de Montréal et Québec

Campagne « BDS » (Palestine)

Après Barcelone et Londres, une nouvelle session du tribunal Russell sur la Palestine s’est tenue au Cap, en Afrique du Sud, en novembre 2011. SUD Recherche-EPST soutient ce tribunal d’opinion réuni pour : « mobiliser les opinions publiques, pour que les Nations-Unies et les Etats membres prennent les mesures indispensables pour mettre fin à l’impunité de l’Etat d’Israël et pour aboutir à un règlement juste et durable de ce conflit ».

Le Jury de ce tribunal, composé de personnalités internationales connues pour leur intégrité morale, appuyé par des experts juristes spécialisés en droit international, a conclu qu’Israël soumet les Palestiniens à un régime institutionnalisé de domination qualifié d’apartheid suivant les critères définis par le droit international.

A la suite des conclusions de la 3ème session du tribunal Russell, SUD Recherche-EPST appelle à poursuivre les initiatives déjà prises, notamment la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), contre la politique de violation systématique des droits humains contre le peuple palestinien.

Motion d’actualité : liberté d’enseigner.

Le syndicat national SUD-Recherche-EPST, réuni en congrès des adhérents à Paris, le 21 juin 2012 :

- s’indigne de l’attitude du président de l’université Paris Diderot, M. Vincent Berger qui, loin de permettre aux enseignants de l’université d’exercer leur mission avec l’indépendance nécessaire, prend au contraire l’initiative de la censure.

- demande la réhabilitation et la protection du Professeur Christophe Oberlin, injustement soumis à la vindicte publique, ainsi que la levée immédiate de toutes les menaces et tentatives d’intimidation. Nous exigeons par ailleurs que les enseignants comme les étudiants recouvrent leur liberté d’expression, en cours comme lors des débats qu’ils souhaiteraient organiser dans l’enceinte de leurs universités à l’université Paris-Diderot et ailleurs.

contexte de cette dernière motion

Lors d’un examen de médecine humanitaire, une question demandait aux étudiants de qualifier selon les normes internationales une situation réelle tirée du conflit israélo-palestinien. La question correspondait au cursus et à la future profession des étudiants, factuellement, sans analyse ni commentaire supplémentaire. Moins de 48 heures plus tard, au prétexte d’un nombre « considérable » de réactions, M. Berger a publiquement pris position contre le professeur de son université, sans présumer de son innocence, et a déclenché une enquête administrative. L’invocation qu’il fait d’une « rupture de laïcité », alors qu’aucun aspect religieux n’est évoqué dans l’examen incriminé, nous paraît caractéristique des influences qui l’ont guidé dans sa démarche.

Dans ces conditions, nous aurions attendu d’un président d’université responsable, qu’il protège les enseignants dans le strict exercice de leur mission contre ce type d’attaques (récurrentes lorsqu’il est question de la situation en Palestine). De même que nous refusons aux banques la main mise sur les cours fussent-ils d’économie, nous refusons aux groupes communautaires celle sur des cours de médecine.

Une étape vient d’être franchie en matière d’atteinte à la liberté d’expression. Il serait donc illégitime de discuter à l’université de la pertinence du terme de « crimes de guerre » pour qualifier les bombardements sur Gaza en 2009, alors que le rapport Goldstone du Conseil des droits de l’homme des Nations unies les présente ainsi.