Le salut de SUD-RE au congrès du SNTRS-CGT à Séte

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Cet article reprend l’intervention de la Secrétaire Nationale de SUD-RE invitée au congrès du SNTRS-CGT à Sète le 22 janvier dernier.

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Tout d’abord nous tenons à vous remercier chaleureusement pour cette invitation et pour votre accueil. Depuis la création de Sud Recherche EPST - très récente par rapport à celle de votre syndicat - nous avons très souvent travaillé ensemble que ce soit au sein de l’intersyndicale de l’enseignement supérieur et de la recherche, au sein des instances des établissements, localement dans les sections, ou au quotidien dans les laboratoires.

Nous partageons les constats concernant :
- les évolutions dans notre secteur (Je ne rentrerai pas dans les détails, vous en avez déjà beaucoup débattu lors ce congrès : que ce soit la régionalisation de l’ESR avec la LRU2, la précarisation, la compétition à outrance, etc…), ou aussi de manière plus générale (contre-réforme des retraites, ANI, etc…)
- et les conséquences néfastes de ces évolutions que ce soit sur la recherche publique, ou les services publics en général, sur les conditions de travail, sur la précarité, sur la souffrance au travail…

On ne peut pas nier la difficulté du combat syndical actuellement, après l’arrivée au pouvoir de F. Hollande et le choix fait par certaines organisations syndicales d’accompagner la politique de ce gouvernement qui se dit « de gauche ». Ce qui malheureusement affaiblit notre action collective. Mais notre force commune à nous syndicats de lutte et de transformation sociale est de garder le cap et de ne pas renoncer. Et c’est ainsi que nous allons continuer à travailler, à lutter ensemble.

Un des combats les plus difficiles à mener est celui de l’idéologie…
- Arriver à convaincre nos collègues qui se sont « adaptés » au système, à l’ANR, qui ne sont plus choqués par l’enchainement des CDD, qui réclament aux jeunes des années et des années de post-docs,… les convaincre que la voie empruntée n’est pas la bonne, qu’elle est dangereuse pour la recherche publique et de manière globale pour l’avenir de tous.
- Rappeler à nos collègues que la base pour le service public de recherche ce sont des moyens publics pérennes, sous forme de crédits récurrents pour les laboratoires et les services, et d’emplois publics statutaires.
- Leur rappeler que ceci n’est pas une posture idéaliste, mais bien une nécessité réaliste et réalisable.
- Gagner la bataille contre le mythe de « l’excellence » et du « parce que je le vaux bien ».
- Replacer la solidarité et la coopération au cœur du système.

Pour finir, je souhaiterai dire un mot sur la campagne de Solidaires « les capitalistes nous coutent cher » qui permet de replacer nos luttes, y compris « sectorielles » dans un contexte plus global et interprofessionnel.
- « Les capitalistes nous coutent cher », c’est le Crédit Impôt Recherche, et autre CICE, qui détournent l’argent public au profit du privé sans contrôle objectif de l’utilité publique ou sociale ;
- « Les capitalistes nous coutent cher », c’est l’austérité renforcée au détriment du financement des services publics et de l’emploi public ;
- « Les capitalistes nous coutent cher », ce sont des travailleurs avec toujours moins de droit et une souffrance au travail qui s’amplifie ;
- « Les capitalistes nous coutent cher », c’est une planète qui est mise à mal par le mythe du toujours plus de croissance…
Je pourrai décliner encore et encore, mais je vais m’arrêter là…

Il nous reste donc effectivement beaucoup de batailles à mener, pour « rendre COUPS pour COUTS », comme on le dit à Solidaires… Et je ne doute pas que ces batailles nous les mènerons ensemble, et nous ferons ce qu’il faut pour les gagner ! ON LACHE RIEN !